Troisième séminaire inter-écoles « Architecture, Patrimoine et Création »

Enjeux théoriques de la Réhabilitation

1er et 2 décembre 2016, ENSA de Lyon

 

David contre Goliath ou l’architecte qui intervient dans une copropriété

 

L’intervention dans l’existant pose la question de la connaissance de l’histoire de l’architecture et des techniques de construction, souvent vernaculaires. C’est une composante particulière de la pratique architecturale, peut-être la plus délicate car l’exercice demande de l’expérience hors des sentiers battus du bâti patrimonial. C’est une manœuvre architecturale complexe mais c’est aussi, un exercice socio-culturelle et financier acrobatique. En effet, la majorité des projets ne sont ni des extensions, ni des réhabilitations d’édifices pour des particuliers, mais des commandes venant de copropriétés, avec pour unique programme l’amélioration de l’existant. D’ailleurs, il n’y a pas souvent de projet car pas de programme. Les copropriétés n’anticipent pas l’avenir, répondent rarement à un besoin. Elles suivent la législation, se mettent en conformité. Les travaux sont réalisés directement par les entreprises. Au mieux ils sont gérés par des maîtres d’œuvre, bureaux d’études voire des économistes. Les décisions se votent en assemblée générale pour les devis moins-disant. Le trio budget-programme- projet, la question de l’usage proposée par l’architecte, n’ont malheureusement pas vraiment de valeur. Pour un architecte, travailler dans une copropriété veut encore dire intervenir sur les parties communes, uniquement, dans un site occupé, souvent en limites de parcelles et pour des clients désorientés voire inquiets. Au vu des budgets engagés dans ces travaux de copropriétés, les architectes ont souvent l’impression de passer à côté de l’occasion de faire un bon projet. Evoquer ce parent pauvre de l’architecture, la copropriété, c’est n’est pas refuser l’architecture mais annoncer qu’il faut s’armer, de patience et de persévérance, redoubler d’ingéniosité, pour produire une  rénovation architecturale simple et efficace, faisant cas du bâti et de son usage ; au risque de voir, ce qui est déjà un peu le cas, les pays industriels se couvrir du gris manteau de la rénovation fiscale, au risque d’oublier le vrai impact financier, social et environnemental.