Spatialiser la transition énergétique

Vers la production d’« écosystèmes énergétiques territoriaux » en milieu rural

 

Projet de recherche proposé conjointement par :
Anne Coste
ENSAG Laboratoire « Cultures constructives », AE&CC (labex)
&
Xavier Guillot
ENSASE Réseau d’enseignement et de recherche « Espace rural & projet spatial », ERPS

 

Site web du projet

 

Cette recherche interroge la « cohérence spatiale » des logiques de substitution énergétique à l’oeuvre en France. On part du constat que les innovations dans ce domaine se sont généralement traduites par une banalisation et une uniformisation du territoire et des paysages. L’essor de la construction de maisons standardisées à ossature bois et de parc éoliens sont l’éclatante illustration des conséquences de ces logiques d’aménagement principalement basées sur une approche techniciste de l’innovation.

Selon nous, la transition énergétique, aujourd’hui en débat, est un enjeu spatial de premier ordre devant être saisi dans toute sa complexité, par les diverses échelles d’aménagement qu’elle touche : architecturale, urbaine et paysagère. A cet égard, ce débat doit être impérativement relayé par une réflexion critique sur les logiques d’innovation en cours, en vue d’élaborer d’autres concepts et approches, pour qualifier cette transition et l’aborder en termes de projet. Les territoires ruraux de faible densité à dominante agricole constituent notre terrain d’étude privilégié. Ces territoires représentent un enjeu de projet stratégique, tant par leurs évolutions démographiques et économiques, que par leur potentiel de production énergétique lié à leur activité agricole et forestière.

Au point de départ de notre réflexion : la volonté de repenser notre dépendance aux systèmes techniques et énergétiques en place liés à l’exploitation des énergies fossiles et nucléaires, et ainsi de revisiter la trajectoire anthropologique séculaire de nos sociétés contemporaines dans ce domaine : ce « choix du feu », comme Alain Gras l’a justement identifié. En la matière, l’objet sera de conceptualiser un nouveau substrat énergétique à l’échelle territoriale, mettant à profit la puissance des quatre éléments propres aux énergies renouvelables – énergie chimique contenue dans la biomasse ; énergie mécanique de l’eau ou du vent ; énergie thermique de l’eau chaude du sous-sol ou du rayonnement solaire.

Autrement dit, il sera question de préfigurer une nouvelle « économie de l’habiter » en milieu rural, liée à la mis en place de ce nouveau substrat technique et énergétique. Dans cette optique deux concepts fédérateurs sont élaborés de manière hypothétique à cette étape de notre travail.

  • celui d’« écosystème énergétique territorial », permettant de croiser les « échelles énergétiques » et de travailler autant au stade de « l’énergie finale » (les outils et les infrastructures influant sur la dépense d’énergie), qu’au stade de « l’énergie primaire » (les formes sous lesquelles la nature livre l’énergie)
  • celui de « plan local d’énergie et de paysage », permettant d’identifier, dans le cadre de notre terrain d’investigation, les implications à l’échelle architecturale et territoriale, de ce nouveau substrat énergétique, à moyen et à long termes.

Cette réponse conjointe d’enseignants-chercheurs de l’ENSAG et de l’ENSASE s’inscrit dans une logique de rapprochement scientifique et pédagogique entre les ENSA Rhône-Alpes et Auvergne. Elle vise à poursuivre une méthode de recherche spécifique, explorée précédemment ayant donné les preuves de sa pertinence : la « recherche par le projet ». Il s’agit, de faire émerger, par le projet, des questions architecturales et territoriales traitées du point de vue scientifique et, ainsi, de produire des connaissances spécifiques, susceptibles de nourrir le processus de conception sur les enjeux de fond de notre recherche : la construction d’une nouvelle alliance homme/territoire basée sur une redéfinition de notre rapport à l’énergie et à ses modes de production. En somme, de la recherche par l’action et pour l’action. Sa mise en application repose sur une dynamique de travail interdisciplinaire combinant une activité scientifique, une activité pédagogique et une activité de mise en oeuvre d’un projet expérimental, à partir du territoire de la commune d’Ambert située dans le Parc naturel régional du Livradois-Forez.

 

Appel à projets de recherche :

Ministère de la Culture et de la communication
Direction générale des patrimoines
Bureau de la recherche architecturale, urbaine et paysagère

Ignis mutat res
Penser l’architecture, la ville et les paysages au prisme de l’énergie
Programme interdisciplinaire de recherche

3ème session 2013-2015